Rencontre de novembre: “des plantes et des oiseaux”

L'automne est là, avec lui les arbustes s'illuminent de petites baies noires, oranges, rouges... qui vont assouvir la faim de certains oiseaux. Parallèlement les plantes auront tout à gagner de cette consommation qui permettra la dissémination de leurs graines.

Dominique ce 20 novembre 2015 avait décidé de nous faire voyager au cœur de ces mondes de la zoochorie, dissémination des graines se faisant grâce aux animaux; de l'ornithochorie, dissémination des diaspores par les oiseaux; de l'andozoochorie, diaspore qui nécessite d'être ingurgitée par un animal pour assurer sa dissémination; et de la dyszoochorie dissémination par l'intermédiaire d'un animal sans que celui-ci ne consomme les semences par perte ou par oubli.

Une intrusion rapide dans cet univers scientifique illustrait d'emblée l'interdépendance des plantes et des oiseaux.

La consommation de fruits par les oiseaux Européens n'est jamais stricte et exclusive. En effet la diminution de fruits pendant certaines périodes de l'année rend nécessaire la diversification de leur alimentation. Ils consomment des proies quand l'occasion se présente, de même que les insectivores peuvent avoir un régime mixte.

Les plus frugivores sont des oiseaux très répandus dans les familles des sylviidés (Fauvettes...), des turdidés (Merles, Grives...) des bombicillidés (Bergeronnettes, Accenteurs...) et des sturnidés (Etourneaux...) Ainsi, le Merle noir qui peut déguster 84 espèces de baie et qui consomme son propre poids par jour, la Fauvette qui en connait 75 espèces, le Rouge gorge 68, le Jaseur boréal 62, les Grives 50 et l'Etourneau 36.

Les consommateurs secondaires se rencontrent chez les muscicapidés (Gobemouche...) et les oriolidae (Loriot...)

Alors que les frugivores s'intéressent à la pulpe des fruits et non à leurs graines, les granivores avec leur bec puissant et court comme les Moineaux, et les Bruants recherchent la graine. Les premiers avalent la baie en entier et l'absence de gésier de type broyeur va permettre à la graine d'être évacuée sans dommage. Elle pourra ainsi se ressemer.

La graine passée dans le gésier des granivores n'aura quant à elle aucune chance de germer. Les granivores ne contribuent donc aucunement à la dissémination des graines. 

Certains oiseaux comme les Mésanges consommatrices d'insectes, graines ou fruits vont être intermédiaires, ils peuvent transporter le fruit entier et faire tomber des graines.

Les plantes qui dépendent des oiseaux pour se reproduire ont évolué de façon à être les plus désirables possible. Ainsi elles présentent des couleurs vives qui permettent de vite les localiser, et les fruits sont de petits volumes, faciles à avaler, facile à attraper. La période de reproduction coïncide par ailleurs avec la fin des proies animales.

Les plus consommées sont le sureau, avec ses baies très tôt matures à la chair molle, le sorbier avec ses fruits qui restent longtemps sur l'arbre, le merisier dont les fruits sont juteux et répondent aux besoins en eau des oiseaux.

Les oiseaux par leur consommation de baies contribuent à la modification du paysage. Ils enrichissent la composition des haies et la dissémination des graines produit des embroussaillements sur des terres agricoles abandonnées.

Si vous trouvez une espèce insolite, au milieu de la forêt, dans le creux d'un arbre, ne vous étonnez plus un oiseau est passé par là...

Et si vous voulez diversifier la nourriture des oiseaux dans votre jardin, c'est le moment de planter garance, pistachier, vigne, olivier, églantier, cynorhodon, aubépine, micocoulier, kakis, cotonéaster, figuiers...et bien d'autres encore que vous pourrez retrouver dans le livre de Claude Crocq "les oiseaux et les baies sauvages". Guyveline

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