Une soirée au Sénégal…

Une soirée au Sénégal…

Une soirée au Sénégal à l’affut des Faucons crécerellette

Nous étions 23 à partager la soirée du 28/02/2014 consacrée aux Faucons. Une belle audience pour l’intervention de Nicolas Saulnier qui nous a entrainés sur « l’île aux faucons » et sensibilisés à la plus petite espèce de la famille des falconidés, le Faucon crécerellette. Fiers de posséder dans notre région des spécimens de cette espèce chaque printemps, nous ne pouvions qu’être curieux de découvrir sa vie hivernale, loin de nous.

C’est au Sénégal que nous conduisit Nicolas, dans une grande zone d’hivernage d’environ 28000 individus, au cœur d’un dortoir partagé avec un proche cousin.

Dans ce milieu ravagé périodiquement par les invasions de Criquets, le Crécerellette consommateur de 15 à 20 de ces insectes par jour, ne pouvait trouver là qu’un garde manger fort à propos. Partageant ses repas avec le Héron garde bœuf il collabora volontiers avec lui dans sa quête de nourriture, se saisissant au vol des Criquets harcelés au sol par le bec puissant de ce terrible échassier.

Les pesticides non sélectifs qui ont été utilisés dans ces zones pour combattre le fléau dans les cultures n’ont pu qu’avoir des conséquences néfastes sur toute la faune locale et par voie de conséquence sur  l’oiseau, mais depuis environ 5 ans, la création d’un bio pesticide composé d’un champignon qui étouffe l’insecte et épandu sur 7000 hectares au Sénégal est venu réduire l’invasion tout en protégeant le Crécerellette.

L’oiseau est prolifique et s’il a parfois été menacé dans l’histoire jusqu’à voir sa population décliner  dangereusement, il est capable aussi dans des conditions favorables, de retrouver rapidement un taux démographique rassurant. Pour illustrer sa pulsion de vie, il suffira de constater les 20 accouplements par jour, auxquels il s’adonne avec sa partenaire d’une saison, pendant la période des amours.

Comme rien ne va de soi et que la collaboration homme oiseau nécessite toujours la recherche d’un équilibre, il s’avère que les Faucons crécerellette, s’ils ont une fonction régulatrice et positive pour les populations locales n’en sont pas moins aussi une source de contraintes. Ainsi, la colonie étant protégée, les autochtones ne peuvent plus s’approvisionner en bois dans cette zone, la coupe des arbres risquant de détruire le dortoir.

Parallèlement le site étant désormais connu, il attire les convoitises d’organismes de tourisme, de photographes et naturalistes qui s’ils contribuent aux ressources locales, produisent des dérangements pouvant devenir irréversibles pour l’oiseau.

La sensibilisation de la population à l’utilité de l’oiseau et la recherche de solutions alternatives à la coupe de bois dans la zone sont des moyens pour rechercher une cohabitation harmonieuse.

Et en France qu’en est-il ?

Si la population, grâce à des programmes de protection et d’encouragement de l’espèce dans différents pays européens (par la pose de nichoirs notamment) a pu être rétablie, le danger menace toujours. En effet les friches agricoles qui fournissent la plus grosse partie de l’alimentation du Faucon sont aujourd’hui pensées comme symbole d’un échec social, ces friches sont alors réinvesties comme lieu d’aménagement de loisirs, transformées en zones constructibles ou remises en culture risquant ainsi de priver l’oiseau de ses moyens de subsistance.

Alors  pendant qu’il en est encore temps, ouvrez les yeux dans la plaine de Fabrègues à Poussan et observez à partir de mars le ballet incessant de ces petits rapaces au plumage moucheté, qui eux aussi, annoncent l’arrivée du printemps. Guyveline

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