Fête de l’anguille 2016

Le 15 octobre dernier, Thau Agglomération, avec le soutien de la municipalité de Marseillan, organisait  sa 2ème fête de l'anguille.
Sur un stand commun avec le CEPRALMAR la LPO Hérault a animé l'espace pédagogique du réseau CPIE Bassin de Thau afin de faire découvrir cette espèce de poisson des plus originale.

Tout commence vers les Caraïbes, à des milliers de kilomètres de nos lagunes... Au large des mers des Sargasses, dans les profondeurs, des petits œufs se transforment en larves leptocéphales puis en civelles, un étrange petit alvin translucide qui va nager avec ses congénères portés par le Gulf stream de l'océan Atlantique jusqu'à nos côtes.
Cette première migration pleine de mystère va mener ces jeunes poissons encore protégés (leur pêche à ce stade étant interdite en Méditerranée) jusqu'à nos lagunes, nos fleuves, nos rivières et ruisseaux (ce poisson respirant au 3/4 par la peau est en capacité de ramper à l'air libre). Pleines de ressources, les anguilles jaunes vont grandir en choisissant parfois de rester vivre dans nos lagunes jusqu'à leur maturité sexuelle (4 à 6ans en moyenne dans les lagunes, 10 à 12ans dans les fleuves, plus de 30 dans les pays du Nord). En fonction de la densité de ses congénères notre poisson va devenir mâle ou femelle lors de sa transformation en anguille argentée adaptée pour sa 2ème migration (diminution des yeux, nageoires plus puissantes...) qui la mènera à nouveau vers les profondeurs de l'océan (dévalaison).

Interdite à la pêche dans le Rhône (car accumulant dans sa chaire de nombreux polluants d'origine anthropique), déconseillée aux enfants et aux femmes enceintes, sa pêche (par la technique des capechades dans les étangs) est autorisée sur Thau où les analyses n'ont pas démontré de dangers liés à sa consommation.
Le suivi des population reste important car l'espèce revient de loin : vulnérable vis à vis des pollutions, de parasites, elle pourrait subir les effets des changements climatiques et subi encore les obstacles sur les fleuves et rivières qui sont heureusement à présents de plus en plus aménagés avec des passes à poissons.

Souhaitons longue vie et bons voyages à ce drôle de poisson migrateur qui n'a pas encore livré tous ses secrets et que vous découvrirez peut à l'occasion des balades de la LPO Hérault avec le CPIE sur le bassin de Thau lors de la prochaine saison écotouristique estivale à Marseillan.

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